| Matthieu's profileMatthieuPhotosBlogLists | Help |
|
November 18 J'ai 35 ansJ’ai 35 ans, Florent Marchet…on a le droit, cette fois au moins, de s’entendre dire, oui j’aime bien ce refrain, cette chanson qui se termine, les instants qui s’éteignent. Ailleurs il doit faire chaud, humide, pluvieux. Ailleurs il doit tout y avoir, sauf ce qui est ici. C’est la bise, l’anniversaire de Marie, la gueule de bois de Thibaud, le pot-au-feu de Matthieu. Samedi s’en va, le vent l’emporte, et désormais il est à craindre de voir arriver dimanche. Qui est content du dimanche ? Eh bien moi j’aime bien, ce jour ressemble à l’automne, décidemment splendide saison, c’est triste, c’est un peu trop calme. Il faut savoir doser les activités, sportives, littéraires, séductrices. Doucement, parce que lundi arrive vite. Doucement, parce que pour certain c’est le jour de Dieu, il y a du bon à penser à cette journée quand elle est belle, ensoleillée. Oui les jours de pluies sont épuisants, mais lorsqu’il y a ce temps, et ces moments, apprécier, c’est tendre aussi. Je me demande ce que font certains amis, certaines filles. Je me demande qui est en train de se plaire à être ce qu’il est, qui pense au fond de lui qu’en ce moment, eh bien oui, c’est un instant à retenir, à aimer. Qui se réjouit de quitter ce maintenant qui ennuie, pour voir arriver plus loin, des maintenants meilleurs. J’écoute en boucle cette chanson, J’ai 35 ans, en me demandant. Y a-t-il vraiment besoin de rechercher autant, les ontologies, les spiritualités, est-ce vraiment nécessaire d’aller au fond des pensées, des fondements ? Derrière la fenêtre il y a la nuit qui arrive…et cette nuit, elle n’a pas besoin de moi. Cet endroit non plus n’a pas besoin de moi. De quoi ai-je besoin ? De rien, de peu, de beaucoup, d’illusions, de réalités ? Des autres, assurément, des autres. Mais au-delà ? C’est une étrange journée, qui s’articule en deux temps. D’abord les envies de rentrer dans la vie, dans le réel, aller vers l’extérieur. Et puis le besoin de s’enfermer, au chaud, au fond de moi, aller à l’intérieur. Deux espaces distincts, qui me permettent ce soir d’être bien, en pensant, en étant plus ou moins sur que l’avenir a son utilité, celle d’avoir le temps de chercher. Avec en fond, en compagnon, Florent Marchet, J’ai 35 ans. November 11 Dis-moiUn jour comme un autre, ça peut être un 8 septembre, un 22 mars, un 11 novembre, on n’a rien de très neuf à faire, c’est quotidien, le tramway, trottoirs, ville et obligations. Juste avant de rentrer, détour pour acheter un cd, Cali, l’amour parfait. Une chanson entendue la première fois par hasard, dans un grand magasin, on se dit ah, pas mal, potentiel d’émotion. On oublie, et puis quelques semaines après, deuxième hasard, l’oreille s’accroche, on se décide, oui, j’irai acheter, moins de 20 francs, ça les vaut bien. On aime la fourre, le visage du chanteur, le rose des lettres. Chanson après chanson, le sentiment se confirme, c’est exactement à notre goût, les thèmes de rupture déclinés à l’infini, le piano, les violons, la voix rauque, faussement aigue. Il y a de la puissance, du sens profond, une tourmente intense. Un jour comme un autre, on achète un cd, sans savoir que pendant des jours, puis des mois, puis des années, les mélodies suivront notre vie, s’accointeront à nos désirs, délires, désespoirs. Que désormais, en compagnon, il y aura souvent, à un moment, les notes de Tout va bien, d’Elle m’a dit, et surtout, pour toujours, Tes désirs font désordre. Ça paraît être un acte banal, cet achat, un rien de plus, des chansons comme d’autres. Mais en fait, c’est le départ de tout un univers, d’une nouvelle dimension. Plus jamais on ne sera comme avant, vierge de ces guitares, vierge de ces sons. Cali a rempli, Cali a donné, un nouveau support, une nouvelle intensité. Et une partie de notre vie, désormais, possède un peu de son identité. Pour une éternité…Tes désirs font désordre. |
|
|