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December 20 Les étoiles filantesQuitter la maison familiale. En face, lumière allumée dans la chambre des grands-parents. Pâle lueur bleutée. Le givre recouvre tout, les graviers crissent à peine. On crache de la buée à pleines bouffées, les lèvres tremblent. Sur le toit de la maison, ces tuiles oranges, les vestiges d’un nid d’hirondelle. Une odeur de terre froide stagne sur nos têtes. Encore quelques pas et nous serons, dans la voiture, vers chez moi, boire de l’alcool, puis chez d’autres gens, et en soirée, et loin de là. Eviter de croire que rien n’a de sens. Ne pas penser à la douleur de voir ces lieux disparaître, l’un après l’autre, inexorablement, avec leurs habitants, les fondements de nos vies. Bloquer les émotions, ces sentiments sans fond, ne pas se perdre dans l’abîme des envies de mort. Tout va s’éteindre. Ne pas y penser. Pas maintenant, pas encore. Lorsqu’il y aura un stimulant, une euphorie provoquée, alors peut-être, affronter un peu, un peu de loin, cette souffrance interminable, inchangée. Nuit de décembre, partir d’ici, de ce qui fut chez moi, s’engouffrer dans la ville sombre. Provoquer les malins génies, disposer encore une fois son corps sur l’envie. Et la peur infinie. Ne pas regarder ce qui est parti, ce qui a fui, ces histoires que l’on imaginait écrire pour toujours. Un petit studio rempli de désir, de gourmandise, de parfum. Les amandes de jeunesse. Pour toujours disparaissent. Au milieu de la nuit... December 06 Les gens qui doutent
Tout recommence ici, tout est tellement beau, tout est tellement triste…j’aime bien quand il y a, au coin de mon lit, cette fille en sous-vêtements qui mange du massepain…j’aime bien quand des cheveux se perdent, se cachent dans les creux de l’oreiller…une minute à moi, pour apprécier, que ses yeux soient bleus, que son odeur soit enivrante…une minute à ça, retrouver les émotions, se dire que la douceur est revenue, qu’une exception n’est pas seule…tout recommence aussi, les attentes, le portable qu’on consulte toutes les demi-heure, une étoile qu’on lui offrirait bien…dans la chaleur des peaux réunies, dans la pénombre, on se demande ce qui existe d’autre…et puis c’est triste aussi, les jours qui se ressemblent, les adieux qui ne font plus mal, les sentiments en vacance…lorsque cela arrivera, que faudra-t-il faire…écouter la chanson, être de ceux qui avec leurs chaînes, pour pas que ça gène, font un bruit de grelot…avoir la chance de croire encore…en promenant ses automnes au printemps…pour que tout recommence, les douleurs, les cris étouffés, toute l’incompréhension…c’est beau, au coin de mon lit, c’est triste aussi…pour que tout disparaisse, et sans le moindre reste, que tout recommence…neiges éternelles, mes hivers au printemps. December 02 OthersideRed Hot Chili Peppers…rumeurs d’Australie, de Backpackers, de barbecues…les nuits de liberté, de désirs féminins, de bières en litres…amis récents, mon cousin, jeunes anglaises sans beauté…j’ai tout qui revient, avec un album, By the way, j’ai tout en tête, l’océan, le rocher de Manly…cours d’anglais, avec les brésiliens, avec les japonais, les coréens…un soir on s’endort sur un banc en attendant le bus qui nous emmènera plus loin, plus au nord, vers Cairns, et la fin…des livres sans lien, Bouvier et S.A.S., Diderot et Kadaré…le jeudi soir, au Fridays Club, des verres à 4 dollars, filles insensées, insatiables, au milieu de nous, jeunes suisses un peu coincés, heureux d’avoir changé d’air…un matin, très tôt, on quitte une ville bien rongée, on laisse l’os, et découverte suivante…pendant 3 jours, sur un bateau, croiser des baleines, des plages désertes, les seins énormes d’une allemande…on achète le vin en briques de 4 litres, mal de tête dès le deuxième verre…la peau ne bronze plus, le sel et le soleil blondissent les cheveux…en fin de semaine, on appelle la famille, on s’informe, le cœur un peu serré, tous ces détails qui deviennent des montagnes, tout cet amour des nôtres qui se révèle…l’avenir est un peu incertain, le retour au pays paraît si loin…on fait une listes des moments mythiques, qu’on cristallise, qu’on enfuit pour toujours dans un coin du cœur…la veste en cuir d’un allemand qui se sert d’un dictaphone pour raconter ses moindres gestes à l’amour resté au pays…des pâtes au thon, une sauce barbecue…le Steyne Pub, Jack, Fernando et Chanelle… toute une vie construite en un an, qui nous apprend tellement…tous ces rires, ces moments de solitude, de recherches, de confrontations…on part un matin de janvier, il fait moins 6 degrés, en on arrive deux jours plus tard, il fait 44…le temps s’allonge, se dilate, tout est neuf, tout est imposant, plus rien n’est à soi…et on se sent bien, parce qu’enfin seuls, parce qu’enfin grand…on sait qu’il reste la vie entière à découvrir…et tous ces souvenirs. |
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