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December 09 TabarlyMardi soir qui s’endort. Mardi soir qui meurt. Dans une semaine, le sol à dix mille mètres de mes pieds, la voix nasillarde d’un tailleur bleu, et à l’arrivée, au bout du tunnel clôt, de ces suites de petits cauchemars rêveurs, après les tables en bois et ces thés fumés, une forme humaine aux yeux bleus, une espérance improbable, le dénouement. Mardi soir qui tremble. Des nuits entières à ruminer le même désir, sur le cahier rouge, baver un peu d’amour triste, sentir la chair s’infecter, pourrir lentement, et noyer la gangrène rouge dans le vin vaudois, la bière hollandaise, le Moyen-Orient. Oh bien sur après mardi il y a mercredi, et les lamentations sont indécentes. Ce ne sont que des petits cris…pas grand-chose. Un bruit de fond, une légère palpitation du myocarde, continue, irrégulière, un vague poids superflu sur le ventre, sournois, une nausée douce. Ça ramène toujours à soi, le sombre, la jalousie, la peur, l’ennui, ce qui n’est pas beau. Ça ramène à son ignorance, à ses craintes, à sa suffisance. Au puits qu’on ne pourra jamais combler. Et puis ça démange, aussi, cette absence, ça donne envie de se gratter. Se gratter le petit bouton de sentiment. Mais mon amour, heureusement, le temps passe. Après l’océan, il y a une terre froide, remplie d’arbres immenses et de trappeurs bourrus, et au fond, tout au fond, encore après…dans une ville au bord de l’eau que les baleines surveillent…ses cheveux blonds. |
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