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    March 16

    Le vent nous portera

     

    S’il arrive encore que viennent les sourires de novembre sur ses joues. S’il se peut qu’une fois de plus se dessinent des tulipes dans ses yeux.

    Si d’une façon ou d’une autre ses seins pointent toujours vers mes doigts.

    Si sans le vouloir, sans raison, un bisou dans le cou est posé, juste comme ça.

    Si c’est à la mort, à la vie, mais pas vraiment.

    Alors il existe une fille telle que cette fille me rend heureux.

     

    Pour tout ces philosophes analytiques, logiciens acharnés…une pensée…pas très affectueuse.

     

    Et pour Swenn, compagnon d’infortune syllogistique…

     
    March 09

    Unspoken

     

    J’irais bien ce soir, danser à Rome, manger thaï, oublier que demain n’est pas loin. Il faudrait laisser tomber, juste pouvoir…avec toi j’irais bien, loin d’ici, prendre un avion, et puis ta main.

    Sur les acacias, rester en équilibre, favoriser l’anodin, le rêve d’hier soir, les petits mots de ce matin. J’aimerais bien…qu’entre nous reste toujours cette espèce de candeur heureuse, les yeux qui s’amusent et s’enlacent. Pourquoi pas…

    On a tellement à attendre, les images, les figures…tant qu’il y aura, quand tu te coucheras, l’odeur du savon Nivea…et ce bleu sans saison.

    La mélodie des enchantés…

     
    March 06

    Voyage Voyage

     

    Jusqu’à quand se rappellera-t-on de ça, de ces moments sans soleil, de ces cris de désespoir heureux…jusqu’à quand resteront en mémoires, ces soirées d’avant, à la Parfumerie…je revois D, avec son crâne à peine dégarni encore, ses bras au-dessus de la foule, les doigts qui claquent, cette tête déchaînée, les cris aigus à chaque coup de caisse claire…je revois G, le sourire éternel, la bouille pétillante, son regard de chasseur lubrique, les succès féminins…il y a Gr, l’œil imperturbable, cette hauteur sereine, à peine deux bières dans le sang…et puis V, ses discussions sérieuses, la tête pleine de cœur, joie d’exister en tant que V…et puis aussi, qu’auraient-été ces nuits, sans tous ces faux amis, connaissances nocturnes, la complicité d’ivresse…nous étions tous, rempli de rêves, d’alcool, de marijuana, de tabac, d’envies de courbes…c’était il y a longtemps maintenant, les choses ont changées, tout s’est arrêté…musique des années 80, queue décourageante à l’entrée, bière à 4 francs, un ancien amour…plus rien n’existe désormais…il me fallait graver, ce qui pendant des années, a fait mon quotidien de fêtard…parce que le temps permet cela…de laisser, petite éternité, l’espace d’un instant…une trace…un message…Voyage Voyage.

    March 03

    M'bifo

     

    Une pluie qui fait fondre la moindre envie d’extérieur, un ciel gris qui ne laisse présager rien de bon, des corneilles accrochées à la balustrade du balcon, et Rokia Traoré qui tente de contrer cette journée sans merveille. Une heure passe. Couché sur le lit, un livre à gauche, un autre à droite. Lecture distraite, quelques pages à peine. Un peu d’encens qui brûle et saupoudre des cendres sur le piano. Un matin, il y a longtemps, ce même endroit, cette même pluie, et aucune envie. Depuis, il y a de quoi rire, tellement de désespoirs déçus, d’espérances retrouvées, de thés au jasmin. Une heure passe. Sur le lit, il y a maintenant, du chocolat aux noisettes, et du pain sur une assiette. Voilà quelques jours que s’éparpillent des bougies sur le sol, sans rime ni raison, à moins peut-être, que ces coulées de cire sur le parquet informent, signifient, présagent même…je ne sais pas. Une minute passe. Sans rien à dire, sans rien à faire, agir ou agiter, l’intérieur qui s’immobilise et l’extérieur qui s’endort. Tout semble s’ignorer royalement, se suffir, se contenter. Aucune interaction, aucun partage. Aucune bataille ou contradiction non plus. Une lenteur figée, les draps se plient à peine sous le poids du corps. Une minute passe. Entre la fumée blanche et ces notes métaphysiques, j’essaye de trouver ma place. Une place qui se profile comme de moins en moins grande, une place qui m’en laisse de moins en moins. C’est bien. Une minute passe, et entre deux morceaux, un borborygme joyeux s’invite sans gène ni discrétion. Tiens donc.

    Une minute passe.

    Et puis la sonnette s’exclame, première voix de ces mots doux, de ces gestes tendres, qui attendent devant la porte. Le temps ne va plus vraiment exister, les sens tous tournés dans la même direction, et le cœur comme la raison…dans ses cheveux blonds.