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    April 19

    Les jours heureux

     

    Aujourd’hui c’est le premier jour d’été. Fin avril, il n’y a eu, jusqu’à présent que le gris de la pluie, le froid sans partage. Mais aujourd’hui, journée ensoleillée, petit pull, le soir nous allons manger, une shawarma, ensemble, en amoureux. C’est tellement beau, au bord du lac, à regarder la lune pleine, le jet d’eau qui perd la raison, toi dans mes bras, sur un banc vert. Des touristes cherchent leur chemin, –je voudrais leur dire que je ne connais pas non plus le mien– il y a des petits moucherons, et le soir tombe. On se regarde, on s’aime je crois, rien ne presse, à part ce léger vent frais. Quelques pas, on rit de nos rires, on se serre fort, l’odeur des fleurs qui naissent ressemble à celle de ta peau…c’est beau. Envie de jouer des notes douces, au piano, de murmurer des vers jolis, sans trop d’importance, juste pour donner une maison à nos jours heureux. Car c’est bien cela. Avec ces mots, ce que l’on veut…donner une maison à nos jours heureux.

    April 03

    Minha Galera

     

    Oui, c’est un peu vrai, quand même…à force, on s’enlise, on stagne, on bouge moins. La folie de grandir, d’espérer, le souci quotidien de rencontrer, de trouver autre chose…on s’éteint. Il y a d’autres envies, se préserver, savoir lâcher prise, revenir aux bases…mais plus vraiment de désirs étranges, d’intensité. On reste derrière, à un concert, on met des jours à se remettre d’une nuit blanche…les alcools dévastent plus qu’ils n’enivrent…on se souvient des dizaines de cigarettes fumées en un soir, des joints allumés l’un après l’autre…de l’euphorie perpétuelle, une fois la nuit tombée, tous les plaisirs féminins, chanter dans la rue, hurler à la vie sous les étoiles…

    Maintenant, c’est différent, ça sent le sapin, le regret, l’odeur du thé fumé…une chanson tellement douce, fredonnée à tellement d’oreilles, et à l’intérieur, un cœur tellement intense…oh minha menina…on ne chante plus. Le piano devient instrument, de travail…on est plus calme, face à l’ignorance, à la bêtise…on sent bien que les rêves ne reviendront pas, qu’il est inutile de chercher, il n’y aura plus, ces espoirs, croire aux fées…et pourtant, elles étaient tellement belles, ces fées… mais non, on s’assied, on pèse, on soupèse, on positive…on dirait que tout est consommé, qu’il n’y a plus qu’une routine, une rotation…le temps est à l’étude, au boulot…et on attend, sans jugement…et on a peur, sans grandeur…de la fin des haricots.